Êtres-fées : les Selkies

Publié le par Morgan, illustré par Reya

 

 

« Égaré par le chant des filles de l'écume

J'ai sculpté des lotus de sarac'h et d'embrun. »

Extrait du Livre Bleu de Taliesin.

 

Les Selkies, êtres-fées de l'Eau, comptent parmi les plus redoutées des humains, moins peut-être que les Masques du Vide, mais au moins autant que les Spectraux de la Brume. Souvent taxées de brutalité, elles sont parfois décrite comme des bêtes féroces, bien qu'elles s'avèrent d'une courtoisie certaine lorsque l'on parvient à les approcher. Leur structure sociale basée sur le clan, famille élargie autour d'un trisaïeul, semble très ancienne et tirée, selon les spécialistes, de celle des épaulards. Comme les Elfens, les Selkies ont une forte tradition guerrière et un grand sens de l'honneur et du devoir, mais à leur inverse elles ne supportent ni discipline, ni une hiérarchie plus complexe qu'une relation d'aîné à cadet ou de maître à élève. De toutes les espèces de fées, ce sont de très loin les plus méconnues, car elles ne vivent que dans les océans et ne se mêlent que très peu aux humains comme aux autres fées. Deux sortes de Selkies seulement séjournent sur la terre ferme : les Passeurs, qui se cachent parmi les humains dans de petits villages de pêcheurs le long des côtes de la Manche et assurent la traversée vers les Terres Rebelles, et les criminels punis de bannissement temporel ou perpétuel. Ces derniers, il faut le savoir, n'ont pas été jugés par leurs semblables mais par eux-mêmes. Les Selkies ne possèdent en effet ni juges ni police, mais leur seule conscience pour pallier à cette absence. 

 

Leur voix et leur ouïe, toutes deux surdéveloppées, leur permettent de se repérer et de communiquer même dans les eaux les plus troubles, et si elles possèdent des poumons, immergées elles respirent par la peau à la manière des grenouilles. Sous leur forme pure, elles possèdent une queue de dauphin proportionnellement très large et une nageoire dorsale qui naît généralement à mi-dos pour s'achever sur le coccyx. Leurs mains deviennent membraneuses et leur peau bleuit souvent insensiblement. Sous leur forme humaine, elles n'atteignent jamais de très grandes tailles, la norme se situant autour du mètre soixante-dix. Elles sont plus rapides que les humains, quoique moins que les Elfens, et proportionnellement plus fortes, même si là encore les Sylfes leur dament aisément le pion, mais surtout d'une incroyable souplesse, digne de contorsionnistes. Quelle que soit leur forme, elles conservent l'une des fiertés de leur espèce : leur chevelure phénoménale, variant du vert pâle au noir en passant par tous les bleus et tous les violets imaginables, qu'elles ne coupent qu'en cas de deuil ou d'échec. 

 

Extrait du septième tome de l'Encyclopédie Universelle, article "Selkie", édition de 1971.

Publié dans Encyclopédie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article