Orient-Express

Publié le par Reya & Morgan

− Alors, tu l'as ?

− Oui. Mais ça n'a pas été facile à dénicher. Ta contrepartie ?

Bran tira de sa poche une enveloppe de kraft marquée d'une série de trois chiffres et d'une lettre : 103C. La fumée bruyante d'une soupape lâchant sa vapeur masqua presque sa réponse.

− Comme d'hab.

L'Elfen lui sourit. C'était une femme haute et maigre, au visage d'oiseau de proie et aux cheveux d'un bleu-vert d'eau délavé lisses et fins, tressés et relevés en un chignon impressionnant. Elle avait les yeux minces, couleur d'acier et ornés de pattes d'oie. 

Ornés, oui. Dans le cas de Cers Alethia, le mot était juste. Cette mercenaire douce et raide à la fois irradiait la maternité. Pourtant, Bran ne se souvenait pas avoir un jour vu son fils. Normalement, elle n'aurait même pas dû avoir vent de son existence. En contrebande, la confidence était chose dangereuse. Malgré tout, des bribes éparses s'échappaient parfois. Son vrai nom, par exemple, que la petite Selkie n'aurait pas dû connaître non plus. L'existence de son fils, autrefois mercenaire sur une autre rame, et depuis six ans porté disparu. En recevant une autre enveloppe de kraft, autrement plus imposante que la sienne, en retour, Bran leva le nez vers l'énorme locomotive de la rame cinq. Impressionnant. Bien entendu, ce n'était pas la première fois que la jeune fille voyait un train de l'Orient Express, mais le spectacle valait toujours le coup d'œil. Deux kilomètres au bas mot de ferraille montée sur rail, le tout peint en un noir grisé par le sel et la neige. Un véritable monstre. Enfin, l'essentiel, c'est qu'il représentait, ce monstre, le moyen le plus rapide et le plus sûr de rallier Orcades et Kyôto. Personne n'avait encore réussi à empêcher l'Orient-Express de passer. L'arrêter relevait de l'exploit, et il repartait toujours. Plein de gens, de marchandises légales, de marchandises de contrebande et de secrets qu'il ne valait mieux pas évoquer.

− Tu rêves, Corbine ?

− Hé ? Ah, pardon. Je regardais le train. Tu repars dans combien de temps ?

− Trois semaines. D'ici là tu peux me trouver dans la résidence des Mercenaires. Tu as une autre commande ? 

− Yep.

− Encore un livre ?

− Non, un truc courant, pour changer, mais urgent. Moins de dix jours, ce serait nickel.

− Du style ?

− Arme articulée.

− Oh ! Tu ne devrais pas avoir de problème, alors. Et avec ça, ajouta l'Elfen en secouant l'enveloppe kraft que Bran lui avait donné, tu as encore pas mal de crédit. J'ai des contacts. Tu cherches quoi, exactement ?

− Une bonne paire de nunchaku, pas trop grands. 

− À ta taille, quoi.

− Si tu veux. Et plutôt trop courts que trop longs.

− Je croyais que tu n'aimais pas les armes.

Bran sourit, ou plus précisément changea de sourire. Non, de fait, elle n'aimait pas les armes. Mais ce n'était pas pour elle, alors... 

− Tu l'auras ?

− Laisse-moi une semaine, et ce sera bon.

− Ça me va. Même heure, même endroit ?

− Okay.

 

papillon

 

− Alors ? 

Pyro dardait sur Bran un regard avide. 

− Je t'ai arrangé ça. 

− Supeeeeeer !!! Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

− Hé ! C'est bon !

Mais la jeune Selkie n'échappa pas à un énorme bisou sur la joue, à sa grande gêne. Il y avait vraiment des moments où Pyro était un peu trop démonstratif à son goût.

− Mais qu'est-ce que vous complotez encore, tous les deux ? Intervint Yuki en sortant une tête de son laboratoire de chimie.

− Rien, rien ! assura la jeune fille. C'est juste Pyro qui est content.

− Tu veux que je te dises, Bran ?

− Quoi donc ?

− Tu mens vraiment très mal.

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C


Pour votre information, le livre qu'a acheté Bran à l'Elfen s'appelle "La Mascarade, 1er épisode", livre très connu et très apprécié dans le monde parallèle des humains !!



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M


XD