Prologue : Yuki

Publié le par Morgan, illustré par Reya

 

Il fait déjà sombre.

Je ne sais pas quelle heure il peut être, mais de toute façon, je n'aime pas arriver en avance à ce genre de soirée. Hum. J'ai bien envie de mettre la robe au bustier corseté, mais il faudra que je demande un coup de main à Bran pour la fermer. Enfin, ce n'est pas une mauvaise idée ! ça la sortira de ses livres. Avec les bottines à lacets ce sera parfait. Et les mitaines noires. Je ne sais pas où je les ai mises, celles-là. Sur le bord de la fenêtre ?

Tiens ?

 

La lune est pleine.

 

On ne la voit pas souvent, ici, la lune. A Orcades, avec l'éclairage public, il ne fait pour ainsi dire jamais nuit, du moins en bas, dans la rue. Au septième étage, et bien... la différence est plus marquée. À défaut d'obscurité, il y a une vraie pénombre. Mais permettre l'obscurité, dans la rue, ce serait compliquer le travail des patrouilles SA. Laisser, peut-être, une prise à l'Armée des Ombres sur Orcades, et la capitale du Royaume est trop importante pour cela. La plupart des êtres humains ont peur de la nuit. Moi, elle ne me dérange pas plus que ça, mais c'est surtout pour Bran que j'ai pris un appartement si haut.

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Bon. Je me coiffe comment, moi, ce soir ? J'ai bien envie d'utiliser ce nouveau peigne de l'orfèvre mais je n'ai pas encore choisi ce que j'allais mettre dedans. A l'inspiration de l'instant, le C5. Un de mes préférés, certes, mais si efficace ! J'en fabriquerai un spécialement pour lui plus tard. Une pression sur la seringue et c'est rempli. Parfait ! Je parie que je peux faire un chignon retourné avec. Un coup de brosse avant, plus pour le principe : ma chevelure est l'exemple même du mot "discipline". Quelques mèches devant, pour rehausser mon front. Maquillage... Le trio de fards roses et violines, crayon noir et... Non, pas de mascara. J'ai les cils assez longs comme ça. Hé ? Où est mon crayon noir ?

Il a disparu ou quoi ? Ah, non !

Pas mon crayon à yeux !

Voyons, respire et réfléchis, Yuki. Je m'en suis servi hier avant d'aller à l'Université de Botanique. Donc logiquement, il doit être sur la coiffeuse de la salle de bain.

Il n'y est pas. Là, ça ne va pas. Pas du tout. Mon sac de cours ? Poche avant alors.

Il est là. Tout va bien. Bon. Maquillage, donc. Le teint, vive la poudre blanche. Ombre, crayon, un coup de rouge à lèvres prune. Qu'en dis-tu, petit miroir ? Je suis bien, là.

Ah, et ne pas oublier la chevalière paternelle. Les patrouilles des services alternatifs sont pour le moins nerveuses, ces derniers jours. Si l'une d'elles nous importune, mieux vaut qu'elle n'y regarde pas de trop près. Et puisque je n'ai pas choisi de naître à demi aristocrate, autant que ça serve à quelque chose. Comme par exemple éviter ainsi et les questions indiscrètes et les dortoirs puants des boîtes de nuit où la plupart des bourgeois attendent la fin du couvre-feu.

Bien. Je crois que je vais appeler Bran. Parce que cette robe ne va pas se lacer toute seule, malheureusement.

 

 

 

testyuki

Publié dans Prologues à Mascarade

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Commenter cet article

thibault 16/05/2010 23:45


C'est tout? Raaah...


Sukki 12/05/2010 10:19


Belle entrée en matière avec déjà pleins d'interrogations, je n'avais pas encore bien situé l'époque à cause des termes "Royaume" et" boite de nuit". Une préparation somme toute bien féminine (ah
la perte du crayon noir ! beau moyen d'identification). Nous avons là une bien jolie héroïne, j'aime beaucoup les prénoms des persos. Il me tarde de lire la suite ~
Note : la répétition de l'expression "pour ainsi dire jamais" pourrait être évité + "et" qui se balade avant "les question indiscrètes" (je suis une championne des fautes de frappes).
Bonne continuation ♥


Morgan 12/05/2010 18:40



Sukki-chan arigato gosaimasu ! 


*Ouïlle de fait faute de frappe, je corrige ça immédiatement !*